Cascades du Hérisson - une "tristesse d'Olympio", vraiment ?

Cascades du Hérisson : une "tristesse d'Olympio", vraiment ?


Il y a quelques années, j'avais écrit cela :

Balade d'automne .... une "tristesse d'Olympio"

  Balade traditionnelle d’automne, aux pleines eaux, pour un constat amer

Le sentier, parfois dans l’eau, faute d’un entretien ordinaire des rigoles d’écoulement …

Des marches envahies de feuilles, glissantes et, elles aussi, manquant d’entretien ….

Au lieu de cela, par place, des aménagements métalliques, couteux à défaut d’être esthétiques ou mieux intégrés au paysage.  Pour finir, le site est « agrémenté » d’une « maison des cascades » à l’architecture incongrue et contestable ….

  On continue la promenade, menace de chute de pierre dans le secteur du « grand saut » - Panique, on barre tout, barrières, arrêtés, et panneaux ornés d’une tête de mort ….. On passe loin d’un des plus beaux sites, sans que l’on ait pris la peine de rechercher une solution peut-être plus couteuse (mais certainement moins chère que la « maison » ou d’autres aménagements …) permettant, au moins, la vue sur cette cascade ou le passage vers le porche majestueux de la « grotte Lacuzon » …

  Le pire est à venir : les habitations se sont multipliées alentour, et, je le crains, sans souci des rejets qui leur sont associés. Au fil des ans, les eaux deviennent opaques, verdâtres et font, dans leurs remous, des amas impressionnants de mousse aux couleurs douteuses. Le « gour bleu » que j’ai connu cristallin, a pris la couleur du canal du midi …

   On finit par passer devant l'onéreux panneau désignant les lieux comme 'site naturel classé Natura 2000". Il énumére les qualités environnementales de l'endroit et les interdictions diverses et nombreuses destinées à les préserver..

Ironie ???-

Retour sur le site, novembre 2019 ...

le site est toujours défiguré par ses aménagements, mais

Curieusement, la foule de visiteurs me parait sympathique, les visages sont souriants, les jeunes familles, les enfants, sont là malgré un temps un peu mitigé, une lumière imparfaite pour les photographes et une petite baisse du niveau d'eau.

Les fortes pluies passées ont nettoyé le cours du ruisseau, les eaux sont claires et aucune mousse suspecte ne vient en polluer l'aspect.

On monte doucement "l'éventail" de la première cascade. les gens se saluent, on croise des connaissances (j'en ai oublié le nom), on parle ....

On s'approche de ce qui m'avait mis en fureur : le vieux sentier menant au "grand saut" est certes toujours barré, mais les gens continuent de s'y aventurer ... on passe (prudemment, il s'agit de ne pas figurer dans la rubrique "accident de randonnée" avec la mention "couple de septuagénaires imprudents"...) une première barrière : ça passe encore, un barrage de buches de bois ... toujours un passage ... des arbres en travers : il n'empêche ... Enfin, on retrouve le passage "sous la cascade" on croise des promeneurs, le visage ravi ... Suivi par d'autres, on s'engage pour prendre notre douche rituelle ... petit arrêt ensuite : je retrouve l'ambiance de nos jeunes années, un petit bonheur.

Grotte Lacuzon ensuite ... un peu défigurée par le stupide jeu à la mode consistant à édifier de petits cairns ... Il y en a un centaine ... Mais bon ... Bêtement heureux, je ne grogne même pas ...

Retour, belvédère de l'Eventail, puis descente : d'autres rencontres, d'autres parlottes : heureuse après midi ...

En dépit de tout, Olympio sourit



et pour ceux qui ont oublié l'expression :

C'est de Victor Hugo ... un poème - deux strophes seulement (c'est toujours très long - mais mon papa adorait ...)

Il voulut tout revoir, l'étang près de la source,
La masure où l'aumône avait vidé leur bourse,
Le vieux frêne plié,
Les retraites d'amour au fond des bois perdues,
L'arbre où dans les baisers leurs âmes confondues
Avaient tout oublié !

Il chercha le jardin, la maison isolée,
La grille d'où l'oeil plonge en une oblique allée,
Les vergers en talus.
Pâle, il marchait. - Au bruit de son pas grave et sombre,
Il voyait à chaque arbre, hélas ! se dresser l'ombre
Des jours qui ne sont plus !