Cyclo - entre NAPLES et JURA

mai 2016


 

 

Après quelques hésitations, notre projet pour ce printemps 2016 est un « retour cyclo » entre Naples et notre Jura natal, projet plus simple et moins onéreux que mon idée initiale (un « tour du Portugal » - remis dans les cartons pour une de ces prochaines années ..)


de Naples à Rome

Pour cette virée, nous emprunterons à nouveau la côte entre Naples et le sud de Rome, et notre fin de voyage se fera à nouveau par le Simplon et la Suisse. Des parties connues donc, mais surtout, des jours réservés pour visiter Rome et Florence … Voyage plus « touristique » donc, par des villes et des sites évocateurs, un itinéraire assez « romantique » comme le souligne un de mes amis, et donc tout à fait à propos pour notre couple d’un demi-siècle…

.Comme à notre habitude nous faisons appel à nos amis Yves et son épouse pour nous conduire à Lyon où nous nous embarquons avec vélos et bagages pour un vol en direction de Naples.

 Nous arrivons à destination vers 16 heures, récupérons sans problème nos bagages et nos cartons à vélos et nous remontons nos montures en compagnie d'un autre cyclo-voyageur anglo-saxon qui, lui, se dirige plein sud vers la Sicile (la suite nous montrera qu’il avait raison).

 

L'affaire est toujours un peu laborieuse, et nous ne nous jetterons dans la circulation napolitaine que vers 17 heures: Un peu d'orientation, et je retrouve les grandes avenues se dirigeant vers le port de Naples. Les rues sont totalement embouteillées et nous rejoindrons, pratiquement « au pas » et en nous faufilant entre les véhicules, le secteur du port et l'unique piste cyclable de la ville.

Comme d'habitude, notre comportement un peu scabreux n'étonne personne et j'apprécie l'attitude conciliante des automobilistes (en fait, chacun fait ce qu’il peut, en s’occupant seulement de ne pas accrocher les autres usagers – c’est simple et efficace …)

Nous ne visiterons pas Naples, mais j'apprécie cette ville où, curieusement, je me sens parfaitement bien.

Nous retrouvons notre route d'il y a deux ans, le port de Naples, le Pausillipe, et la côte en direction de POZZUOLI. Pas de gros problèmes, mais l'affaire prend du temps et nous ne retrouverons le camping fréquenté il y a deux ans qu’à la nuit tombée.

Nous dormirons encore une fois dans ce lieu établi sur le cratère même d'un volcan. Son nom est évocateur : « VULCANO SOLFATARA » et le cratère fait partie des « champs Phlégréens », classé par certains  vulcanologues comme l’un des plus dangereux systèmes volcaniques … Mais bon, la chose dort pour l’instant et nous n’en aurons que les odeurs soufrées (les anciens situaient là l’entrée des enfers   ..) et, au lendemain matin,  la visite du cratère, de ses boues brûlantes et de ses fumerolles….

Après cette petite visite, nous nous procurons du pain et l'indispensable cartouche de gaz (c’est toujours un souci de se procurer la chose en début de virée : pour les prochaines, je finirai par opter, comme d’autres cyclo-voyageurs, pour un réchaud « multi-combustible »). Nous commençons ensuite notre périple le long de la côte

 

Le début est toujours un peu désagréable : de longues agglomérations, moitié résidentielles, moitié populaires, des tas d’ordures non ramassées, une population pauvre, mélangée, des travailleurs immigrés et beaucoup trop de jeunes femmes attendant, au bord des routes, autre chose que leur bus …

A quelques dizaines de kilomètres de Naples les choses changent, les paysages deviennent agricoles et nous retrouvons une route agréable. Enfin, il faut le dire vite … la signalisation routière est approximative et toujours uniquement vouée aux véhicules automobiles. Les villes sont évitées soigneusement, entourées de rocades modernes où les vélos ne sont pas les bienvenus …

 

C’est ainsi que nous nous retrouverons, encore cette fois, jetés sur la rocade évitant TERRACINA, coincés entre quatre voies, grillages, absence d’échappatoires, et conduisant à un tunnel de plus de 2 kms de long. Nous serons obligés de franchir l'obstacle, la peur au ventre, dans le fracas des véhicules et des avertisseurs sonores. . Nous en sortirons vivants : à croire que, malgré mon athéisme avéré, mon ange gardien était resté assis sur mon porte-bagages.

 

Malgré cet épisode navrant, la route fut, dans l’ensemble, agréable jusqu'au sud de Latina. Une partie notable du parcours était tracé sur des voies « lungomare » bordant les plages, dotées d’une bande continue de parkings déserts à cette époque, et fréquentées surtout par des groupes de cyclistes ou de coureurs à pied.

Vers ARDEA, nous quittons notre route ancienne pour remonter plein Nord, en direction de Castel Gandolfo et du lac Albano, afin de retrouver l'itinéraire cyclable établi sur une ancienne voie romaine : la Via Appia. Cette voie devrait nous conduire jusqu'au cœur même de la Rome antique, entre le cirque Maximus et les termes de Caracalla. De là, il est prévu de rejoindre les bords du Tibre, sa piste cyclable, et de traverser ainsi toute la ville jusqu'à notre camping romain.

 

Au matin, c’est la pluie qui posera problème. Pendant une première grosse averse nous nous abritons, mais la seconde durera jusqu’en cours d’après midi et nous devrons bien rouler sous une pluie qui devient progressivement diluvienne, en suivant des routes partiellement inondées et très fréquentées.

 

Nous aurons quelques passages un peu « chauds » : nous, sur des routes étroites, dans des flaques de 30 ou 40 cm de profondeur et, tout près de nos guidons,  des files de véhicules ….A la fin d’une pénible matinée, nous arrivons au début de l'itinéraire antique. Quelques hésitations, et nous finissons par retrouver la piste dite cyclable.

 

Ce qui n'était pas prévu, c'est que les premiers kilomètres de l'itinéraire sont tracés à même l'ancienne voie romaine, sur les dalles d’origine ou, à défaut, sur la terre battue

Mais aujourd'hui la terre et surtout battue par la pluie, les dalles sont glissantes et, après quelques embardées, c’est à pied que nous commençons à emprunter la Via Appia

Un premier kilomètre et nous croisons une route. Nous pensons pouvoir nous échapper et emprunter un itinéraire plus roulant : pas de bol : la route conduit sur une quatre voies desservant l'aéroport de Rome !!!  Nous reprenons notre progression pédestre sur encore un bon kilomètre avant de trouver une voie romaine « rénovée » et recouverte de petits pavés. Enfin nous enfourchons nos vélos et reprenons notre route, après un repas de midi bien arrosé (par la pluie bien sûr)  . Pour cette halte, nous serons partiellement abrités par le surplomb d'une ruine romaine.

Nous progressons ensuite agréablement vers la ville, admirant au passage les multiples ruines, statues et vestiges bordant la voie … Bonne progression, à un incident près : un manque sur le pavage « moderne »,  une flaque profonde et une chute sans gravité, mais noyant ma sacoche avant : ma tablette numérique ne s'en relèvera pas.

 

Nous arrivons enfin dans les faubourgs de Rome avec un peu de circulation automobile  Un sportif  de passage tient à nous prendre en photo, surpris de nous trouver sur cet  itinéraire et dans un tel équipage.

 

Nous débouchons au cœur même de la ville : les trottoirs sont aménagés, partagés et cyclables et nous continuons notre progression au milieu des nombreux touristes. Sans problème, nous trouvons les bords du Tibre et la voie cyclable longeant le fleuve.

Agréable fin d’étape sous un soleil retrouvé, mais nous devrons chercher longuement le camping prévu. En fait, mal placé sur mes fonds cartographiques, mon GPS m’induit en erreur et il nous faudra bien une bonne demi-heure, quelques fantaisies en sens interdit, avant de trouver déjà un supermarché pour les achats du soir et ensuite notre camping que nous découvrons avec surprise en sortant de l’établissement.

  L'accueil est sympathique : on nous épargne la queue au comptoir d'accueil, et après des formalités simplifiées, nous montons notre campement pour les prochaines nuits.

 Comme sur beaucoup de camping italiens, tout est prévu pour le bonheur des campings caristes, ou des gens hébergés en mobil home, … mais pour les simples campeurs, pas terrible : une zone située à plus de 300 m des toilettes, éloignée de tout et humide ….  Il faudra nous en contenter, la gentillesse de l'accueil suppléant à l'inadaptation des lieux.

 Nous retrouvons là, un néerlandais terminant son pèlerinage vers Rome, puis, arrivant plus tard dans la soirée, deux jeunes filles également néerlandaises et effectuant aussi leur voyage cyclo vers Rome.

 

Pour le lendemain, visite de la ville éternelle, à commencer par le forum romain et le Colisée. Un dépliant touristique approximatif, quelques difficultés pour repérer les arrêts et itinéraires des transports communs, un peu de temps perdu, mais nous finissons par atteindre le forum romain que nous visitons calmement après un passage sur le Mont Palatin …. Le temps n’est pas terrible, mais c’est bien pire dans notre petit Liré … De là haut, nous jetons un coup d’oeil sur la longue queue de touristes patientant pour la visite du Colisée (bien qu’aucun spectacle ni lâcher de fauves n’y soit programmé). Nous finirons par renoncer à cette visite et nous n'admirons le cirque que de l'extérieur.

 Le jour suivant sera dévolu à la visite du musée du Vatican, de la Chapelle Sixtine, et de la place Saint-Pierre. Le trajet en métro est plus rapide, nous attendons déjà l’heure prévue et réservée pour cette visite, puis nous piétinons quand même un peu avant d’atteindre l’entrée du musée au milieu d’innombrables touristes…. En longues files, nous suivons la foule, nez levé sur les plafonds, cherchant l’émotion devant les œuvres d’art au milieu des bras levés brandissant smartphones ou appareils photos, des groupe figés face à leur guide, ou des « collectionneurs » fixant scrupuleusement sur pellicule (numérique) chaque tableau et chaque panneau explicatif … Noyés dans cette masse de stakhanovistes du tourisme culturel, nous aurons cependant de belles émotions … même assis au milieu d’un millier de touristes, la Chapelle Sixtine laisse quand même des souvenirs !!!

Mauvais casse-croûte à la cafétéria et petite balade jusqu'à la place Saint-Pierre. Nous faisons à nouveau la queue (une petite heure) pour passer devant les détecteurs et les services de sécurité avant de rentrer dans la basilique Saint-Pierre qui finira notre visite de Rome.