Népal 2023 : la fin du voyage



Une fois Installés à Pokhara, petite balade en ville en attendant le repas du soir : bon restaurant, déjà fréquenté il y a quelques années avec un ami dont j’ai appris la disparition sur les lieux mêmes que ceux que nous avions arpentés ensemble il y a 5 ans : le souvenir est cruel, mais précieux…

 

De retour, je fais affaire avec un graveur sur ardoises. L’une de ses œuvres est, avec le « Namasté », affiché à mon porche… j’aime bien : faute d’autres idées de souvenirs à rapporter dans le jura, je dévalise son banc. Pour notre prochaine journée dans la ville, ce seront les deux incontournables (à part la balade en barque sur le lac !!!) :

 -        Le musée national de la Montagne, avec ses souvenirs de expéditions himalayennes (dont « Annapurnas, premier 8000 » et le trio Herzog, Lachenal, Terray) mais aussi de riches collections ethniques.

-        Après le repas dans les jardins du Musée, ce sera la montée vers le temple de la Paix qui surplombe la ville… les plus vaillants feront la marche utile… Mais nous bénéficieront tous du magnifique panorama sur le lac, les montagnes et la ville

 

Le soir sera le dernier avec notre guide ami Surya : dès son retour à Katmandou, il doit rencontrer les participants à son prochain trek : Pour les deux dernières journées au Népal, nous serons pris en charge par l’équipe de l’agence et par des guides culturels pour les visites ajournées du début de notre séjour.

 

Retour à Kathmandou le lendemain, longue journée de route, éprouvante pour le petit-fils et sa jambe douloureuse au fil des très nombreux cahots du trajet… Nous verrons, en dépit d’une densité de circulation indescriptible, le seul accrochage de notre grand périple routier… comme quoi, l’absence de réglementation (et ce n’est pas qu’une image) n’est pas forcément synonyme de grande dangerosité.

 

On se réinstalle à notre hôtel : d’autres équipes, les gens de l’agence et les nouveaux clients de Surya sont arrivés. Nous sommes fatigués, il y a un peu de remue-ménage et Surya prend congé… la séparation est trop rapide, bien trop rapide : le temps de reprendre le cours des choses, la tristesse vient… reverrai-je les amis, le Népal…

 

La première des nos deux journées de visite était consacrée à Bakthapur, autre ville et enclos royal… le site nous a toujours fait grosse impression : là aussi les temples font partie de la ville, on passe des sites historiques au quartier des potiers… j’ai hâte de revoir cela : le séisme de 2015 avait fait de grands dégâts, mais les reconstructions doivent être bien engagées.

 

Notre guide culturel essaie d’effectuer son travail : peu d’échos de la part du petit fils : l’histoire du Népal est complexe, la religion indouiste encore plus, et notre ado est plus attiré par le spectacle de la rue que par l’écoute du guide… Sa parole se fera plus rare, mais nous serons bien guidés dans la ville et il suffit de peu, en fait, pour éclairer notre visite et faire comprendre les choses.

Je prends toujours plaisir à visiter ces lieux, même si je ne retrouve pas toujours l’émotion des années de découverte.

D’autres choses ont changé : la vie est devenue dure au Népal… Vivant beaucoup du tourisme, l’après séisme suivi de l’arrêt des activités pendant la Covid a paupérisé les populations urbaines et le petit commerce de rue s’est beaucoup développé. Les sollicitations deviennent un peu nombreuses et parfois insistantes.

Retour à l’hôtel en début d’après-midi… les enfants font dans les rues de Thamel, la course aux bonnes affaires…

 

Pour notre dernière journée, le schéma reste le même : guide culturel et visite de Paschupatinath et de Bodnath…

Mêmes causes, mêmes effets… notre guide, trop savant pour le petit fils discutera beaucoup avec les anciens… d’autant que les visites sont sur des sites religieux, difficiles d’accès pour nos structures mentales catholiques et romaines…

et puis, certaines choses parlent d’elles-mêmes, ne serait-ce que les rites funéraires et les bûchers bordant le fleuve…

Nous commençons, simples spectateurs face à la la foule des pèlerins se pressant vers les temples de Pschupatinath.

Nous nous dirigeons ensuite vers le fleuve : on laisse passer un convoi funéraire : le corps couvert de fleurs est porté par les proches… les jeunes n’ont pas l’habitude de ces rites… plus loin, la fumée des bûchers, aujourd’hui nombreux, n’arrange pas les choses : on ne s’attarde pas. Nous, les vieux, sommes d’une époque où l’on ne cachait pas les défunts et nous regardons les choses avec une simple tendresse, comme notre salut ancien lorsque les convois passaient, à pied, devant nous, dans les rues.

La visite du stupa de Bodnath sera plus facile : on tourne, le stupa d’un côté, les boutiques de l’autre…Geneviève tiendra à faire ses trois tours et nous déjeunerons face à ce gigantesque monument.

 

Nous finirons là notre visite du Népal : dernier repas, demain sera la plus longue journée de notre voyage ; l’aéroport à 6 h 30, les vols, le camion entre Barcelone et notre lit. On se sent soudain très vide.

 

Cette ultime journée sera la pire : ça commence à l’aéroport où, semble-t-il, on nous considère comme invalides.

On ne comprend pas ce qui se passe : on consulte et tamponne à maintes reprise nos billets, on communique, et l’on fini par nous embarquer curieusement au moyen d’un cellule ascensionnelle.

Les mêmes errements se répèterons à Doha puis à l’arrivée.

A Barcelone, ce fut pire : il nous fallait non pas rejoindre la porte de sortie, mais aussi retourner au point de départ, là où la récupération de notre véhicule était prévue… On fit mine de ne pas comprendre le mauvais espagnol de ma fille, qui erra bien trop longtemps avant de trouver une paire de préposés sympa. Le voyage finit sur cette note mitigée, et sur les efforts de ma fille pour nous conduire à bon port après ces 24 heures de tensions.  


Repos désormais et encore aujourd’hui, ce grand vide