1° mai : Requiem


samedi 1+ mai : Requiem ...

 

Jour sombre, ciel de pluie … supermarchés ouverts, pas de célébration. D'ailleurs, c'était une drôle d'idée que de célébrer une grève d'il y a 135 ans et quelques morts d'outre atlantique alors que, côté luttes ouvrières, nous avions déjà cela en abondance. Drôle d'idée peut-être, il n'empêche, on a enterré un peu vite, sous le ridicule de leur impuissance, nos défilés et nos slogans syndicaux : Requiem...

Qu'ils reposent en paix, nos anciens :

ceux qui, à la libération, ont fait graver dans le marbre constitutionnel (ils y son t toujours), ces inatteignables principes juridiques :

 

8. Tout travailleur participe, par l'intermédiaire de ses délégués, à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu'à la gestion des entreprises.

9. Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité.

10. La Nation assure à l'individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement.

11. Elle garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. Tout être humain qui, en raison de son âge, de son état physique ou mental, de la situation économique, se trouve dans l'incapacité de travailler a le droit d'obtenir de la collectivité des moyens convenables d'existence.

 

RIP, les rêveurs d'après guerre, pionniers de l' autogestion, ou ceux qui simplement passaient leur temps à défendre leurs camarades ou collègues de labeur, ceux qui rêvaient de solidarités universelles, comme ceux qui se battaient pour leur atelier...

Oublié les temps où l'on défilait à 200.000 dans Besançon pour défencdre une seule usine contre son liquidateur.

 

Notre époque était celle des premiers « boomers » (moi, j'étais en avance), respectueux des enseignements de nos anciens et de leurs acquis d'après guerre...

et l'on voudrait faire de nous les « profiteurs » des années fastes, nous charger des malheurs du moment et de la destruction de l'environnement...

Mais, si mes slips sont tissés aux antipodes, si mes chemises sont cousues pas des esclaves, si nos « capitaines d'industrie » ne sont que des négriers et nos gouvernants leurs valets, ce n'est quand même pas notre fait.

 

Je me laisse, aujourd'hui, une minute pour me recueillir sur la triste fin de nos luttes rêvées, sur nos défaites …

Pour ces dernières, en illustration, une défaite oubliée, un chant ridicule ....

https://www.youtube.com/watch?v=CK4o9wf13fo&t=2s