la peur du vide


la peur du vide

 

Hier, j’étais paisiblement en train de regarder des sportifs dans les pentes du Tourmalet quand, à hauteur de La Mongie surgit sur l’écran l’image du Président … je zappais, bien sûr... et repris quelques instants après l’avancée de nos estimables sportifs ...

estimables, oui, en dépit de certains : même gorgés de produits médicamenteux ou non, même élevés et entraînés comme des chevaux de course, tout cyclo qui a vaincu péniblement ces pentes sait ce qu’il faut de courage et de pugnacité pour enchaîner pendant des semaines 5 ou 6 heures sur la machine, aligner des dizaines de milliers de dénivelé positif … J’admirais donc leur effort.

 

Ce n’est qu’à la pause publicitaire suivante que je m’aperçus que j’avais zappé l’image présidentielle sans y penser, par simple automatisme, comme s’il s’était agi d’écarter la promotion d’une lessive, d’une assurance obsèques ou pire d’une protection efficace contre les fuites urinaires.

 

C’est la première fois qu’un président de la République ou un homme politique me fait cet effet là … Beaucoup m’ont mis en rage, d’autres m’ont amusé par leur grandiloquence ou un défaut d’élocution, plus nombreux m’ont inspiré du mépris, mais, le « rien », l’image du néant, c’est la première fois. Il est vrai que l’époque s’y prête : plus de ces grands principes universels respectés de tous, une société quasi virtuelle, dépourvue d'humanité, où même Diogène y perdrait sa lanterne.

 

Je retourne à mes sportifs.

J’irai ensuite avec mon déambulateur préféré (mon bus) admirer les paysages jurassiens de ce début d’été, en attendant l’automne et enfin retourner là-bas, au Népal, parmi ces gens, pas très heureux ces temps, mais si humains…