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Commémorations..


11 Novembre 1918, 11 heure : il y a longtemps

 

11 Novembre 2024 : anciens combattants, quant il en reste, corps constituées, discours, militaires, édiles, députés...et les discours, convenus, à la gloire des héros...

 

Il y a quelques annéescommémoration :

dans mon village:  Les trois ou quatre édiles chargés de cérémonie malgré le Covid furent à peine dérangés par mon épouse au retour de son footing matinal. 

A Paris, on avait déterré un académicien, voix modérée des héroïques poilus, pour porter son cercueil au Panthéon. Discours sans grande portée, vite oublié. Le soir, une chaîne de télé rediffusa les aventures et drôleries de la 7° compagnie…

 

Le salubre « plus jamais ça » avait disparu; avait sombré, s'était perdu dans les méandres du méphitique roman national : des héros, oui, mais surtout de jeunes gars confiants, parfois joyeux, braves soldats, honnêtes citoyens : Un million de noms à graver sur les monuments aux morts.

 

Je n’ai guère entendu parler de 14-18 chez moi :  le frère de ma maman y avait laissé la vie : elle n’en parlait guère …. Toutefois, un jour, à plus de 90 ans, elle me raconta cette triste marche entre Loulle et Bonlieu, après le décès subit de leur père : fromager du village, il fallait vite le remplacer et laisser la place. la situation n'était pas dramatique, mais c'était un triste déménagement. Derrière la charrette, elle, toute petite fille et lui, le grand frère et sa main qui la guidait et soutenait… Sa main dans la sienne : l'émotion revient, toute une vie à s’en souvenir : 90 ans de deuil, la chaleur d'une main et l’amour d'un frère …. Cette guerre ne fit pas qu’un million de morts : ce fut un million de familles : des millions de deuils, de vies meurtries : une génération entière, marquée à jamais dans le cœur et l’esprit : Inexpiable horreur…..

 

Plus jamais ça

Sauf, aujourd'hui

Un tsar, ogre fou, portant nos tranchées modèle 1914 sur les terres à blé d’Ukraine

Plus loin, jeu de cons, l’autre confondant Moïse et Mao : la Terre Promise au bout du fusil,

D’autres encore guettent  et préparent les horreurs à venir…

 

Je commémore, mais seul.