Eh ! Boomer...
Eh Boomer !!
Je n’en suis pas tout à fait un, la guerre durait encore … les boomers, les officiels sont mes cadets de 3 ans, pour beaucoup… Cela dit, nous avons en commun d’avoir été les acteurs du joli mois de Mai de 1968 (moi, j’étais à l’armée, mais solidaire) …
Le mot « Boomer » lancé comme une insulte, flétri donc cette génération de soixante-huitards : on aurait donc profité de tout, à l’excès. (à part, ce fut dans les première revendications, le droit d’aller librement sur le campus dans le bâtiment des filles, mais bon)…
Je trouve ce matin dans le canard local, « le Progrès » (ça ne s’invente pas) quotidien devenu avec les ans, dans ses analyses, aussi neutre et bien-pensant que le bulletin paroissial, un article posant ce grave problème « as t’on le droit de conduire en short et en tongs ».
L’angoisse m’a pris, moi qui ne conduis qu’en « Crocs » ouverts pour ménager une neuropathie et des fourmillements sub-plantaires constants.
On admettait certes que la loi ne faisait que prescrire pour le conducteur des conditions, et donc une tenue ne gênant pas sa conduite. Mais une fois cela posé, on soulignait que cette formulation générale ouvrait la voie à l’appréciation de la maréchaussée qui, de ce fait, pouvait interpréter à sa guise la qualité de vos chaussures et éventuellement vous verbaliser, et, si vous ne possédiez pas une bonne paire de chaussures (à clous ?) vous interdire de repartir et immobiliser votre véhicule. J’avoue que, connaissant la perspicacité et la méticulosité de nos forces de l’ordre, j’ai conçu quelques craintes…
Et je me rappelle ce que nous fûmes : qu’est-il arrivé après notre génération de boomers ? parce que ces trucs là, ça ne peut pas être nous.
Nous scandions « il est interdit d’interdire » … Qu’en ont fait nos chiards ?
Les gamins, prenez vos cahiers, révision :
« Sous les pavés la plage » … ce n’est pas dans l’esprit, ce n’est pas une raison : tout goudronner, tracer des lignes partout… je ne parle pas des ralentisseurs, des ronds-points, des chicanes …
« je ne veux par perdre ma vie à la gagner » c’était un choix libre et ce n’était pas subir une société où il est de règle et de bonne politique de licencier, de supprimer des emplois et de payer les gens au minimum.
« Soyez réalistes, demandez l’impossible »… vaste programme, vu ce qu’il reste possible de faire et l’étendue de l’impossible.
« L’imagination au pouvoir » On n’imaginait pas que ce serait celle de Musk, de Trump, ou chez nous d’un Bardella ..
« Faites l’amour pas la guerre » … le temps d’obtenir un consentement en bonne et due forme, c’est plus facile et rapide de faire la guerre.
« Il est interdit d’interdire » précepte fondateur … mais négligé ou combattu par tout ce qui se trouve de parcelles de pouvoir, de groupes d’influences et même de groupes d’intérêts …est-il encore permis de faire à sa guise, sans gêner le voisin…Non, la chose est à son comble.
Bande de gnous, arrêtez de vomir les Boomers : c’est vous les connards, assis sur vos contraintes pour le plus grand nombre, votre liberté de commerce et d’industrie, vos monstruosités financières, votre silence face à l’esclavage, face aux guerres économiques ou pas, face à l’accélération des atteintes à l’environnement.
Les boomers avaient une morale, vous non …
Et comme on dit chez moi quand les choses vous échappent « Putain de bordel, vingt dieux, on ne méritait pas ça. »