Retour pluvieux

Retour par le Lac Majeur et le Lac Léman

 Pour la suite, de longues étapes nous attendent, et la première notamment avec un dénivelé important et le passage du seul col italien de notre périple (Boccarella – 729 m.) .

 

L'étape sera cependant agréable : la route est très fréquentée par les cyclistes qui, s’ils n’ont aucune peine à nous doubler dans la montée, chargés comme nous le sommes, passent le plus souvent en saluant ou nous encourageant. Parmi eux, un cyclo restera quelques instants à notre niveau : il connaît l’exercice et sa valeur et il a accompli 4 fois un Paris Brest Paris. La montée se fera sans hâte et sans problème : quelques courts arrêts boisson et le sommet, puis encore quelques vallonnements avant une longue descente vers notre gîte du soir …. Nous aurons un peu de mal à le trouver … encore une fois, il est mal situé sur mes cartes. Temps correct dans l’ensemble et le temps détestable de notre Jura d’origine, tel qu’il m’est décrit par des amis, me console des quelques gouttes reçues…

 

 

 

 L'étape suivante nous conduisait vers MODENE, par des routes parfois un peu trop fréquentées à notre goût. Nous passerons la ville avec quelques difficultés, compte tenu d'une signalisation toujours très approximative et inadaptée pour les vélos … Sans compter que la ville de Modène est entièrement dévolue à l'automobile de luxe : musée Ferrari et usine Lamborghini (nous ne visitons pas…). Nous finirons par trouver, grâce au GPS, notre camping, caché entre une route très passante et l’autoroute. Nous trouvons aussi, de nouveau, un nouveau magasin Décathlon qui nous permettra de compléter notre réserve de gaz.

 

Nuit tranquille en dépit de la situation, mais, pour le lendemain nous avions un problème à résoudre : en effet j'avais tracé une étape empruntant la seule route, très passante, vers Parme et au delà. De plus, le camping du soir nous obligeait à faire un détour de quelques dizaines de kilomètres. Enfin, pour le lendemain  était prévu une courte étape plein Nord vers Crémone…

 

Les craintes que j’avais s’avèrent fondées : cette route est infernale : dès que nous dépassons la zone urbaine il n'existe plus aucune sur-largeur pour les vélos, la route est étroite et sur-fréquentée. Nous parcourons quelques kilomètres à craindre sans cesse le moindre camion ou le moindre automobiliste maladroit et nous décidons de quitter cette route à la prochaine ville (Régio d’Emilie) pour prendre une route directe jusqu'à Crémone. L'étape fera alors près de 110 kms mais sans grand dénivelé. Après encore une bonne heure à craindre pour nos arrières et à espérer que mon ange gardien se tienne toujours sur mon porte-bagages, nous trouvons des petites routes bien plus sympathiques et nous rejoignons en début d'après-midi les bords du Pô dont nous suivrons la vallée jusqu'à Crémone.

 

Arrivée dans cette ville, nous dénichons un supermarché pour nos courses du soir et demandons notre chemin vers le camping prévu. Nous le trouverons en bordure du Pô au bout d’une belle et vaste zone consacrée à la pratique sportive, aux promenades et entraînements de vélo ou de course à pied.

 

Le lendemain, reprise de l'itinéraire prévu en direction de Pavie. Courte étape et routes tranquilles, pour une arrivée en début d’après midi dans la ville, en suivant la voie quasi cyclable aménagée le long du fleuve. Le camping n'est pas encore ouvert : nous discutons avec un randonneur pédestre en attendant l’ouverture, les formalités d’installation et le montage de la tente. Notre voisin randonneur est néerlandais et il effectue à pied le pèlerinage de Rome. Il est ici au repos et campe sous un simple « tarp » (bâche) tendu entre deux arbres. Il voyage avec son petit chien, et tire une sorte de charrette. De l'autre côté de notre « parcelle », un couple de cyclo-randonneurs originaire de Charente se dirige aussi vers .Rome.  Courses faites, nous profitons de la fin d’après-midi avec encore quelques rayons de soleil.

 

La suite sera moins favorable :l e lendemain, il pleut,  nos collègues cyclistes reprenne la route juste avant une averse … Après quelques hésitations, et à la faveur d’une éclaircie, nous décidons de repartir..

 

Départ donc sous un ciel gris mais correct, au moins pour quelques kilomètres… Arrêt dans une petite localité juste avant midi alors que: la pluie devient constante. Nous trouvons là  une longue voie cyclable qui nous conduira jusqu'à notre étape du soir. Nous empruntons cette piste parfaite, avec kilométrage, panneaux et revêtement lisse. La voie longe des canaux ou réseaux d'irrigation parallèles au fleuve TISCINO (celui qui prend source au Lac Majeur, on approche !!) …Arrêt et pique-nique sous la pluie, reprise du trajet. Nous n'aurons plus l'occasion de retirer nos vêtements de pluie.

 

L'après-midi se déroule jusqu'au village de TURBIGO où nous croisons la route menant au camping du soir, établissement, comme souvent, entièrement dévolu aux caravanes ou installations fixes. Nous campons sur. la digue le long du fleuve et c’est sous une pluie d'orage que la soirée se passe.

 

Dans la nuit, la pluie redouble et a raison de l'étanchéité de notre tente. Nous passerons une partie de la nuit à éponger et à placer des récipients sous les gouttières qui se forment. Nuit en pointillé donc, et au matin nous rassemblons nos effets humides, duvets compris, nous enfilons nos chaussures trempées et replions notre tente.

 

Pour la suite, retour à TURBIGO, hésitation dans le village pour retrouver la piste cyclable, la reprendre dans le bon sens et rouler plein Nord en direction du Lac Majeur il pleut, bien sûr, quelques fragments de l'itinéraire ne sont pas goudronnés et cela nous vaudra quelques kilomètres dans la boue ou entre des flaques ainsi qu’ une décoration de nos bagages et habits à bases de taches brunes … Cela dit, dans l'ensemble, nous roulerons facilement, toujours en suivant canaux et fleuve et nous arriverons pour le repas de midi à l’extrémité sud du Lac Majeur. Après un pique-nique sous un ciel maussade, il nous faudra emprunter la route longeant le lac. Route touristique donc, en direction de VERBANIA : quelques passages cyclables le long du lac, mais une bonne partie de l'itinéraire est à faire sur la route même, relativement passante et parfois étroite.

 

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Nous ne profiterons guère des paysages très vantés du Lac Majeur. Le ciel est bas, le paysage est gris et le parfum des îles Borromées, depuis notre route, est plutôt celui des véhicules… Les villas, parfois abandonnées, ou réaménagées en hôtels de luxe ne nous font guère vibrer et c'est sans regret qu'avant Verbania,  nous quitterons le Lac Majeur pour rejoindre les bords du petit lac de MERGOZZO et notre dernier camping italien. Camping sympa (humide mais sympa)…  il pleut de plus en plus fort et, pour éviter les désagréments de la veille, Josette recouvre la tente de sacs plastiques. .En l’absence de vent, le système fonctionnera  à merveille et nous évitera d'avoir à lutter contre les infiltrations.

 

Au matin, le temps est encore plus désagréable que la veille et nous prendrons ici un jour complet de repos.

 

Ce n'est donc que le surlendemain, mais au jour prévu initialement, que nous nous dirigerons vers DOMODOSOLA et ISELLE, au pied du col du Simplon. Nous avions gardé un souvenir désagréable des tunnels et viaducs de ce col et avons décidé de passer le Simplon avec la navette empruntant le tunnel. Nous arrivons à temps pour emprunter le train de 16 heures …Passage agréable, contrôleur folklorique, joyeux et arrivée dans la vallée de BRIG à une heure tout à fait correcte.

 

Nous retrouvons entre deux averses les routes suisses puis notre camping de VISP.  Installation, camping bien aménagé pour les randonneurs de notre espèce, préau abrité avec tables et chaises pour notre repas du soir, bref tout se passe au mieux pour cette étape, à un petit détail près : le tri des ordures est si complexe dans la localité que nous ne saurons pas gérer les déchets d'un randonneur moyen (entre la cartouche de gaz vide, les boîtes de bière, des déchets végétaux, quelques papiers ou plastiques, nous aurions dû utiliser au minimum une demi-douzaine de conteneurs spécifiques – mais ces derniers sont fermés à clé et les poubelles « tous usages » sont absentes ou invisibles).

 

Pour notre première étape suisse, nous prenons la route sous la pluie..,. Cela fait désormais bien plus d'une semaine que nous enfilons tous les jours socquettes et chaussures mouillées sans compter qu'il nous a été impossible de faire la moindre lessive.

 

Côté suisse c'est sans trop de problèmes que nous trouvons un itinéraire cyclable continu, à ceci près que, dans la traversée des villes, les fléchages disparaissent et qu'il faudra plusieurs fois sortir le GPS pour nous remettre sur la bonne voie.

 

Arrivés près de MARTIGNY, sous la cascade, le camping que nous avions fréquenté il y a deux ans paraît un peu à l'abandon. Un responsable se présente et nous accueille gentiment mais nous explique qu'en fait l'établissement est en vente et qu’il n'a pas encore pu le racheter et l'exploiter. Nous y trouverons toutefois un bon accueil, de l'eau chaude et l'essentiel pour un cyclo-campeur après cette longue et très humide journée.

 

L'avant-dernière étape nous conduira toujours sur des voies cyclables vers le lac Léman, Lausanne et enfin Morges, où nous devrons reprendre des routes normales pour monter jusqu'au camping de Ballens. A une crevaison près, heureusement intervenue à l’heure du déjeuner et près d’un banc public, et quelques bosses un peu indigestes, nous trouverons là haut un emplacement sous abri pour notre tente menaçant ruine !!! Ce sera en effet sa dernière nuit, elle qui, au fil des étapes avait fini par casser plus de segments d'armature que la provision d'arceaux de réparation que j’avais prévue. Malgré tout, elle aura tenu, en dépit de mes craintes, pendant toute notre virée.

 

Il ne nous reste plus qu’une très longue étape pour rejoindre notre domicile : d'abord quelques bosses puis la montée du col du Mollendruz avant le col de la Landoz Neuve. Nous rentrons par Mouthe, la région des lacs, la seule piste cyclable de notre secteur et enfin notre maison.

 

 

 

Nous y arriverons tard, après avoir essuyé encore quelques averses, mais, renseignements pris, le temps pourri de notre randonnée fut encore meilleur que celui, désespérant, qui fut le lot de nos compatriotes.