Les tribulations d’un assisté potentiel

(à la recherche du vélo électrique idéal)


Un laboureur (de route), sentant sa mort prochaine (vieillesse, tout au plus, il ne faut pas exagérer) …

 

Fit venir à lui les concepteurs et vendeurs de système d’assistance électrique pour vélo .. Il ne s’agissait, en fait que de l’aider, lorsque, lourdement chargé lors de ses voyages, une côte ou éole s’opposerait trop fortement à lui ….

 

Entre les vélos « spécial Bobos » destinés à aller travailler en ville, les VTT de 25 kg nets de mes camarades, les « kits VAE » pesants, les recherches furent longues : il me fallait trouver un système dont  arbitrairement je fixais comme poids limite 3,5 kg, mais dont l’autonomie pouvait ne pas excéder les 2 à 3 heures maximum d’ascension quotidienne lorsque je voyageais … Petit poids  donc : chargé ordinairement à 20 kg en plus de mon quasi quintal, je ne pouvais guère envisager de traîner les 8 ou 9 kg supplémentaires de la plupart des systèmes « ordinaires » d’assistance sur les portions roulantes où mes forces restantes suffisaient.

 

Le premier système qui me parut séduisant était fabriqué en Autriche par la société ADD-E, et distribué en France par ANNAD – France (société unipersonnelle) … Un mini moteur de 900 g formant galet, à placer sous le pédalier et censé venir se plaquer « tout seul » contre la roue AR. La batterie, un bidon de 1,2 ou 1,5 kg se plaçait sur le cadre et comportait le « contrôleur » réglant le niveau d’assistance. Commande faite, commande reçue, j’entamais le montage, suivant une notice succincte rédigée dans la langue de Goethe. Après quelques tâtonnements, recherches et adaptations, je parvins à fixer l’ensemble conformément aux schémas fournis. Les essais furent peu concluants : le système « décrochait », soit spontanément, soit lorsque ma vitesse baissait en dessous de 9 km/h – un peu gênant, c’était précisément la vitesse que je pouvais au mieux espérer, traînant ma lourde charge, en longue ou grosse côte – Par ailleurs, le « décrochage » intervenait aussi à 21/22 km/h, soit bien en dessous de la vitesse limite réglementaire. Je persistais quelques jours, assez pour constater qu’en fait le galet-moteur ne venait (je crois) se plaquer contre le pneu que par la force « centrifuge » et qu’il n’y restait collé que par les pointes façon « papier de verre ultra gros grain » dont il était hérissé. Ces dernières, au fil des « accroches – décrochages » fréquents, avaient eu sur mes pneus le même effet que plusieurs milliers de kilomètres. Par ailleurs, les irrégularités ou « sauts » d’un pneu pas toujours parfaitement centré ou régulier – comme nos gros « pneus de voyages » par exemple- ne manquaient pas de faire décrocher le galet … en fait, difficile de compter sur l’objet pendant nos longues virées au loin !!

 

S’en est suivi une longue période « d’échanges » : description des problèmes, déni, appel au constructeur, renvoi du matériel, test de ce dernier en usine qui finit par en certifier la qualité et le parfait fonctionnement.

 

La chose finit par un renvoi définitif à l’envoyeur, et après pas mal d'échanges et quelques mois, tout revient dans l'ordre, sauf à trouver un autre système !!

 


Second système : Il restait, sur le net, un vélociste proposant des kits « moteur VAE » de marque Keyde, analogues à ceux distribués à l’époque par ANNAD France : moyeu-moteur « Roue avant » et kit vendu pour un prix très attractif (un peu plus que la moitié du prix alors affiché par mon premier fournisseur) … En attendant la résolution de mon premier achat, je passais commande. Réponse (quasi immédiate) : Plus de moteur KEYDE en stock, mais on me propose un moteur XOFO … Le temps de m’assurer sur le catalogue de la maison XOFO des caractéristiques de l’objet :

 -           à 100 g près, le même poids que le moteur Keyde, soit 1,9 kg – mettons 1,6 kg de plus qu’un moyeu ordinaire) –

-          « réducté » -  n’opposant aucune résistance à l’avancement si l’assistance n’est pas requise : condition nécessaire dans mon cas !!!

 -          Possibilité d’une batterie « light » d’1,6 kg pour une puissance raisonnable (380 wh, je crois)

Bref, ça correspond et je passe commande en demandant, poliment, le délai de livraison : la réponse viendra par retour, pour m’informer de la fabrication et de l’ envoi de cette commande dès  le lendemain, en colissimo : Reçu en 48 heures, monté en 72 !!

 

Correct … bon, un peu surpris à la livraison ; pas de notice de montage !!! mais, toutes les connections sont repérées et « détrompées » … en étalant le matos, on trouve facilement le schéma de montage… Petite galère pour placer le « détecteur de pédalage » réglementaire et obligatoire : manque de place pour intercaler le disque bardé d’aimants censé tourner au pédalage et être détectés par le sensor … Je finis par me dépanner en plaçant de petits aimants cylindriques (aimants de magnétothérapie volés à mon épouse) dans les trous des vis de fixation de mon petit plateau. Pour le reste, je n’ai pas placé les choses de la manière la plus esthétique : tout se retrouve dans ma sacoche avant, et je me trouve avec bien assez de câble électrique excédentaire dans ma sacoche … Mais bon …

 

A l’essai, par contre, tout est parfait : démarrage de l’assistance net et sans bavure, arrêt  de même, réglage précis du niveau d’assistance, écran de contrôle parfait  (niveau VAE, watts délivrés par le moteur, temps, vitesse, kms …) – Sur ma première petite balade : une petite quarantaine de kms, 450 m de dénivelé et du vent contraire : batterie déchargée au max de 30 % …

 

De quoi envisager les choses sereinement pour mes prochains voyages !!! Et je pense avoir trouvé ce qu’il faut à ma vieille carcasse pour continuer, ma maison sur le dos, sur nos belles routes … Soulagé (en espérant que tout continue comme ça) … Il ne me reste plus qu’à équiper Jo, mon épouse …